Jane Eyre Demande en mariage

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Jane Eyre 1934

De très grandes libertés sont prises avec l’intrigue y compris pour cette scène de la demande en mariage

Jane Eyre 1944

La scène de la demande est plutôt fidèle. Orson Welles suit Jane quand elle marche devant lui, ses yeux ne la quittant pas, ce qui donne un sentiment de magnétisme entre les deux. Mais ensuite les choses ne sont pas à la hauteur des attentes. Manque de conviction de Joan Fontaine, impression que Orson Welles parle en révant, ça enlève toute la passion de la scène. De plus le dialogue se précipite au rythme d’une tempête venue de nulle part. Disparition de l’apostrophe à Dieu mais l’un arbre frappé par la foudre est lui fidèle au livre !

Jane Eyre 1949

La demande en mariage à l’intérieur d’une chambre avec des personnages qui passent leur temps a ne pas se regarder. Il n’y a absolument aucune fidélité au roman.

Jane Eyre 1952

Jane Eyre 1957

Jane Eyre 1970

Dans cette demande en mariage, Susannah York offre un réel moment de vulnérabilité pure quand elle plaide « Please, don’t make me foolish. » Pas de nuit, pas de pluie, pas d’éclairs, et pourtant de la chimie émotionnelle qui aurait pu être plus intense si seulement l’adaptation avait été plus fidèle !.

Jane Eyre 1973

Tous les éléments clés mentionnés dans le livre sont présents dans la scène de la demande : à l’extérieur, de nuit et même avec la pluie, tous les dialogues sont là. Et pourtant … Manque de conviction de Sorcha Cusack, trop rapide, avec trop de contrôle. Manque de passion de Michael Jayston qui pourtant capture certaines des multiples facettes de Rochester. Absence de chimie entre les deux. Les éléments techniques sont là mais les éléments émotionnels sont inexistants. Entre dialogue et narration (voix de Cusack), on a une impression de «roman lu ».

Jane Eyre 1996

William Hurt est nonchalant et ne change pas alors que Charlotte Gainsbourg essaie et serait presque dans le ton, ce qui donne une combinaison horrible ; on commence à y croire pendant les baisers incessants «and so, and so » puis pendant le « then stay and marry me » mais tout retombe et ni le temps qui refuse de s’en méler ni l’apostrophe à Dieu qui manque ne viennent sauver la scène.

Jane Eyre 1997

Pendant la demande en mariage, Samantha Morton, pour quelques minutes, était Jane. Les larmes coulant sur ​​son visage acéré tentaient désespérément de cacher son cœur brisé : « I am your equal, and you have treated me as such ». Mais il y a un manque de fidélité au roman dans le dialogue, presque une paraphrase de l’idée générale. Pas de foudre, pas d’apostrophe à Dieu ! Et le baiser final est une catastrophe.

Jane Eyre 2011

On sent de la nervosité chez Rochester et de la hargne chez Jane, résolue à ne pas lui faire connaître sa peine. Ses réponses sont directes et acerbe et elle essaie de ne pas le regarder. A la demande « We’ve been good friends, haven’t we? », il ne la quitte pas des yeux tandis qu’elle marque une pause. Par contre il leur manque un peu de cette passion brute, ce qui me donne l’impression qu’elle le méprise quand elle le regarde pendant son monologue. Mais il y a beaucoup de nuance dans le jeu des 2 acteurs mais c’est presque un peu fade comme le baiser qui paraît trop chaste. Oui, il y a la pluie. Oui, il ya un foudre qui frappe l’arbre. Oui, il y a la fidélité au roman (« You are my equal and my likeness ») mais il y ce manque de l’apostrophe finale à Dieu.

Jane Eyre 2006

Ruth Wilson, dont on a pu dire qu’elle était mélodramatique, qu’elle en faisait trop et même qu’elle était hystérique, me paraît avoir interprété cette scène beaucoup plus parfaitement, avec la douleur de ceux qui souffrent d’aimer sans retour et qui explosent.
Dans le livre, Edward jase sur l’Irlande, la séparation, et la chaîne qui les unit. Et lui demande d’écouter le rossignol chanter. « En écoutant, je sanglotais convulsivement, car je ne pouvais réprimer mes sentiments ; je fus obligée de céder, et j’éprouvais dans tout mon être une souffrance aiguë. Lorsque je parlai, ce ne fut que pour exprimer un désir impétueux de n’être jamais née, ou de n’être jamais venue à Thornfield. «Etes vous fâchée de le quitter?” La souffrance et et l’amour avaient excité en moi une violente émotion, qui s’efforçait de devenir maîtresse absolue, de dominer, de régner et de parler. «Je pleure de quitter Thornfield: J’aime Thornfield: – Je l’aime, parce pendant quelques temps j’y ai vécu d’une une vie pleine et délicieuse, je n’ai pas été foulée aux pieds et humiliée, je n’ai pas été ensevelie avec les esprits inférieurs ; on ne m’a pas éloignée de ce qui est beau, fort et élevé ; J’ai vécu face à face avec ce que je révère, avec ce qui me réjouit ; j’ai causé avec un esprit original, vigoureux et étendu ; je vous ai connu, M. Rochester;. Je suis frappée de terreur et d’angoisse en pensant qu’il faut m’éloigner de vous pour toujours ; je vois la nécessité de départ, et c’est comme si je me voyais forcée de mourir. ». Nous avons donc une Jane qui, après avoir été conduite à bord du désespoir, donne libre cours à toute son émotion et met à nu son âme à nu devant Rochester.
Et c’est ce que Ruth offre avec une performance étonnante. Jane est passionnée et même si elle veut la liberté et l’indépendance, il est parfaitement naturel qu’elle perde le contrôle quand elle croie qu’il va la faire partir et en épouser une autre. Et la perte de contrôle n’est une faiblesse chez quelqu’un d’aussi fort et indépendant car ne ne rend pas faible ce qui fait juste humain ! Il est possible que cette scène rende certaines personnes mal à l’aise à cause non pas de l’explosion de Ruth Wilson mais du coté inesthétique de la passion – larmes et nez qui coule-. Mais sommes-nous beaux quand nous pleurons et crions de douleur ?. Et quand elle essaie de se soustraire à son étreinte, c’est toujours au milieu des larmes aveuglantes.
En face d’elle joue un passionné Toby Stephens, qui va enfreindre une loi fondamentale, y entraîner Jane, et doit être convaincu qu’elle préfèrerait n’importe quoi plutôt que de le quitter – Le regard de Toby Stephen le rendra parfaitement ainsi que le ton de sa phrase quand il la tient dans ses bras “que Dieu me pardonne”-. Il écoute avec un calme tendu tant qu’elle déverse son cœur sur lui. Mais dès qu’elle suggère l’idée qu’elle pourrait réellement le quitter, il l’attrape comme si la pensée est insupportable, s’écriant « You will not leave me Jane. »
Elle essuie son nez sur sa manche et sa voix rompt avec une gravité alarmante. Il est brut, réaliste et tout à fait semblable à la relation entre la Jane et Rochester du roman.
Il la supplie de l’appeler par son nom : l’importance de sa plaidoirie qu’elle l’appeler par son nom de baptême est quelque chose qui est passé inaperçus dans les autres adaptations (et même dans le roman), mais on peut le sentir ici.
Comme ils s’embrassent, le tonnerre gronde au loin et la pluie commence à tomber. Comme ils courent vers Thornfield rire sous la pluie, la foudre vient frapper l’arbre sous lequel ils se étaient assis avec une puissance symbolique.
Cette scène était très proche de la perfection.

Jane Eyre 1983

Dalton offre une performance si conforme au Rochester que j’avais imaginé dans le roman ! Quand Jane demande à Rochester de tourner son visage vers la lumière, afin de l’étudier, elle remarque que « Sa figure était gonflée et agitée ; ses traits étaient contractés et ses yeux animés d’un brillant regard. » Lorsque Timothy Dalton sort de l’ombre et laisse tomber la lumière sur son visage, il est l’incarnation de cette description. Il apporte la combinaison parfaite de l’agitation, de la passion. Dommage que Tséla soit en deçà, qu’il lui manque le petit plus nécessaire pour faire ressortir le coté entier et passionné de Jane, car ce qui donne tant de force à cette demande c’est autant la volonté d’indépendance de Jane que la passion dans l’offre de Rochester. Cette apostrophe intense a Dieu est présente mais ni pluie ni foudre. Dommage aussi que la scène de la demande en mariage soit coupée en 2, partie à l’intérieur et partie à l’extérieur, mais finalement elle ne perd pas de sa force. Et il a un vrai don pour embrasser😉

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