Jane Eyre

2006 est la première adaptation que j’ai vue de Jane Eyre. Et quand j’ai découvert que d’innombrables autres existaient, j’ai été excitée comme avec une overdose de caféine. Cette mini-série sur la BBC a été la cause de 2 nuits d’insomnie. Et comme je voulais continuer à régaler mes yeux, j’ai « récupéré » les 4 épisodes et les ai revus je ne sais plus combien de fois, puis je suis partie à la découverte des autres adaptations.
Un petit sommaire

  1. Le livre
  2. La version 2006 (ma préférée ;-))
    1. 1er épisode
    2. 2eme épisode
    3. 3eme épisode
    4. 4eme épisode
    5. Pour voir le film
  3. La version 1983
  4. La version 2011
  5. Les autres adaptations
  6. Les lieux
  7. et des trouvailles au cours de mes balades sur le net

C’est une vraie passion que cette histoire pour moi.
Lisez le livre comme je l’ai dévoré depuis que j’ai une quinzaine d’années! J’ai été envoûtée ! Ne vous en privez pas : je l’ai relu en anglais en version ebook, et vous n’aurez aucune excuse : il est gratuit et il existe aussi

Je reprends ici mon article du 11 Septembre 2012 et je vais le compléter en essayant de visionner les autres versions que celle de 2006, que j’ai adorée et qui m’a amené à écrire.

Jane Eyre a été adapté de multiples fois à la télévision et au grand écran. Mais, après le bouquin, j’ai une réelle attirance pour cette interprétation télévisée de 2006 qui est si différente – vision qui lui est propre tout en gardant à l’esprit la source originale – et néanmoins largement autant à mon gout que celle – plus fidèle chronologiquement – de 1983.

A propos du livre, j’avais lu le livre avant mais je le relis avec les images de 2006 devant les yeux. Et vous pourriez bien l’aimer après avoir vu l’une et/ou l’autre de ces deux adaptations😉

Le livre

Jane Eyre par charlotte bronte

Lorsque Jane Eyre a été publié en 1847, il a connu un succès immédiat, et en même temps, très controversé. Les lecteurs ont aimé l’héroïne courageuse et critique, admiré la maîtrise avec laquelle Bronte abordé une variété de questions épineuses. Les problèmes avec le système éducatif, la religion et la classe sociale sont traitées d’une manière courageuse et réfléchie. Cependant, il y eut une rébellion à propos de Jane, et le livre fut immédiatement attaqué pour son insistance sur l’idée que l’épanouissement personnel est un objectif acceptable pour une femme comme elle l’était pour un homme . Bien que cela ne semble guère révolutionnaire pour nous aujourd’hui, le ton de défi de l’héroïne a choqué la bonne société de l’époque.
Je crois que les femmes en particulier aiment cette héroïne parce qu’elle a deux côtés d’une femme : la capacité d’aimer et le courage de se battre.
Par-dessus tout, elle aspire à une relation esprit-à-esprit avec un partenaire qui la connaît comme elle le connaît (lire/voir la scène de la demande en mariage). Elle ne veut pas être possédée, choyée, .. Elle ne veut pas sacrifier sa vie au service d’un tyran brutal. Elle cherche un partenariat de respect mutuel entre égaux. Ce n’était pas ce que la société victorienne prescrit, mais il doit avoir été désiré par l’immense majorité des femmes parce que Jane Eyre a été adoptée par le public immédiatement et a été depuis un favori durable. Comme Joyce Carol Oates a dit:«Elle est, dans sa droiture, et dans sa rage à peine dissimulée, étonnamment contemporaine et confirme la vision critique que tous les travaux des génie sont contemporains à la fois avec leur propre époque et à la nôtre. »
A propos, pour ceux qui ont envie de « lire » la version anglais du livre, je l’ai en audiobook sous titrée en anglais.

Mais moi qu’est ce qui a pu m’attirer vers ce livre à l’heure des premières amours (15 ans) ?

  • L’ambiance si romantique et si sombre. Pourtant, à première vue, ces éléments typiques du romantisme de l’époque ressemblent plutôt à des stéréotypes littéraires : enfance maltraitée, orphelinat lugubre, misère de la solitude, etc..
  • Mais il y avait un élément tout à fait nouveau dans ce roman si différent encore aujourd’hui : le caractère de Jane Eyre ! J’ai lu cette très juste définition : « Premier exemple de représentation d’une femme consciente d’elle-même, de sa volonté, de sa dignité, de ses sentiments. Une femme pleinement moderne qui agit, parle et bouge avec une pleine conscience de ses droits et de ses devoirs. Une héroïque sans bravade, fière sans arrogance, honnête sans pleurnicherie, amante sans luxure ». C’est cela pour moi Jane : rebelle (elle refuse un destin tout tracé), se forgeant sa propre morale, passionnée et volontaire et je puis dire qu’elle m’a servi de modèle.
  • Eh puis il y a Edward Rochester, pas beau (c’est Jane qui le dit) mais avec une personnalité tourmentée, et même cruelle : quelqu’un a écrit “Il m’a fait penser à un loup blessé” ; je souscris.

(21 Septembre 2012) En réfléchissant plus encore à ce qu’est Rochester :

  • sa morale hors normes et hors convention, le fait de considérer comme nul son premier mariage avec une épouse folle et dont tous s’étaient acharnés à lui cacher l’état jusqu’a ce qu’il soit marié – , d’une certaine manière, je trouve qu’il ressemble à Jane – rebelle, sa propre morale, passionnée et volontaire – avec cette touche d’aller plus loin encore tout en gardant de la droiture (par exemple il prend soin de Bertha et d’Adèle) ;
  • Il n’a peur ni d’éprouver des sentiments ni surtout de les exprimer avec force et passion
  • de plus il a été lui-même piégé et il revendique un droit au bonheur

Je pense que c’est un modèle de vie qui me va 100%😉

(22 Septembre 2012) Après ma relecture, les autres personnages m’intéressent aussi

  • Saint-John Rivers
    • Il est attirant pour la puissance, la volonté avec laquelle qu’il réussit à écarter des considérations humaines comme l’amour humain au profit d’une aspiration nettement plus élevée qu’est la religion. Il sacrifie son aspiration au bonheur pour devenir missionnaire
    • La proposition de mariage à Jane Eyre peut paraître monstrueuse mais il pense qu’elle a les mêmes aspirations que lui. Il la savait passionnée mais ce n’est que lors de sa demande qu’il découvre que c’est une femme qui ne voit pas le mariage sans l’amour, et qui va se révéler suffisamment forte et indépendante pour lui résister. En même temps un peu difficile de comprendre la vraie raison pour laquelle il exige un mariage. Mais je ne le crois pas hypocrite mais plutot un homme sincère qui ne semble vouloir une femme que dans la mesure où elle peut contribuer à la réussite de sa mission,
    • En même temps il est d’un égoïsme monstrueux et si tourné vers “l’ambition de toute sa vie”(sic) qu’il peut faire du mal autour de lui sans aucun regret. Il envisage le martyre pour lui et il veut l’imposer à Jane « pour la plus grande gloire de Dieu » !! Ce que ressent Jane est mal puisque ça ne vise pas à la propagation de la parole de Dieu. Il est remarquablement perspicace et intelligent : c’est un exemple parfait de manipulation psychologique. On ne peut lui désobéir, puisqu’il ne vit que pour la volonté de Dieu. Lui désobéir, c’est désobéir à Dieu. C’est quasiment renier sa foi !!
    • Une évidence : iI aime et désire Rosemonde Oliver même s’ il fait tout pour réprimer ce sentiment qui n’est que charnel. Il est de chair et de sang avec un cœur qui brule (lui-même le dit et Jane le redit à Rochester) ! Et ca c’est le côté physique de l’amour si évident dans tout le livre sans être nommé !
    • Il est là aussi pour que Jane choisisse. Jane a refusé de vivre dans le péché et renoncé à l’amour de Rochester. Avec Saint John, elle pèse ses choix en toute connaissance de cause. Il lui permet de savoir ce qu’elle veut vraiment faire de sa vie sur terre, c’est à dire l’amour terrestre.
  • Bertha Mason
    • Si j’allais dans le sens de la religion c’est un personnage qui serait là pour rappeler le danger à s’éloigner du chemin de Dieu. Ou la !
    • Donc Bertha souffre d’une maladie mentale qui est familiale. Rochester aurait pu l’interner en hôpital car déjà à l’époque on essayait de prendre soin d’eux (nourriture, air, petits travaux…) car les hôpitaux psy ne sont pas à l’image du Bedlam Hospital de Londres dont on pense que c’était le standard de l’époque (fous enchaînés au mur, lits de paille sale, pas de promenades). Mais puisque dans l’explication, son père l’a secondé dans l’idée de ne jamais révélé ce mariage désastreux du à la cupidité paternelle, Rochester avait peu d’alternatives au-delà de l’asile. On peut reprocher à Rochester de l’enfermer dans une pièce sans ouverture à la lueur du feu ou des bougies, cependant il la ramène à Thornfield plutôt que dans l’autre demeure qu’il possède en un endroit malsain qui l’aurait vite achevée. Rochester, à travers Bertha, montre un esprit droit, isn’t it !
    • La loi 1835 sur le mariage anglais fait que si les deux époux étaient sains d’esprit au moment du mariage pour comprendre le contrat, il ne pouvait être dissous en cas de démence ultérieure même aggravée par d’autres circonstances atténuantes telles qu’adultère ou violence physique. Si le roman se déroule après 1835, les actions de Rochester pour un mariage bigame sont pénalisables. Avant la loi 1835, les codes de conduite étant moins clairs, ils pouvaient justifier la vue qu’a Rochester de son mariage comme nul et non avenu, or le temps de l’action dans Jane Eyre semble plutôt du début des années 1830.
  • Adèle
    • Son attitude avec Adèle est à l’image du personnage : il déteste qu’elle lui rappelle son passé et la trahison dont il a été victime, celle de Cecile Varens. Mais comme Bertha, qui lui rappelle la trahison à la fois de son père et de son ami, il assure un minimum de soins. Sans Rochester, c’était le pensionnat pour filles pauvres. Il ne montre pas d’affection à Adèle mais il assure son éducation.
    • Que Rochester encourage la fillette dans sa frivolité n’est pas évident : Rochester ne connait pas d’autres types de femmes avant Jane que des coquettes frivoles. D’ailleurs, son premier réflexe quand elle accepte de l’épouser et alors qu’on connait son estime pour elle, c’est de la couvrir de bijoux et de robes.

(23 Septembre 2012) J’ai lu une définition de Rochester comme « le maître byronique de Thornfield Hall ». Et j’ai recherché ce que pouvait signifier cette définition : considéré comme «un homme fier, de mauvaise humeur, cynique, portant la défiance sur son visage et la misère dans son cœur, moqueur, implacable dans sa vengeance, mais capable d’affection profonde et forte »

(28 Septembre 2012) Il y a sur le site sparknotes une profonde analyse du roman, en anglais mais d’un niveau qui reste abordable

Mon adaptation préférée est celle de Susanna White en 2006 pour la BBC

C’est une production, pour la BBC et rediffusée récemment sur Arte, magnifiquement repensée et redynamisée et une excellente performance :

  • de Toby Stephens, qui réussit à faire de Rochester un être simultanément macho et vulnérable, avec ce côté rugueux et rude dans sa façon de parler, portant le bon mélange d’arrogance et de chaleur du maître énigmatique de Thornfield. De toutes les adaptations que j’ai vues, c’est celui qui va en fait avec mon idée de Rochester : broyant du noir, sarcastique, ironique, d’un cynisme désabusé – « I’ve been all over the world, Miss Eyre, and it’s vastly overrated » (Je suis allé partout dans le monde, mademoiselle Eyre, et il est largement surfait) – et le coté “noir” – il souligne le coté «mauvais garçon» qui rappelle encore et encore que le passé de Rochester et sa façon de manipuler les émotions de Jane ne peut pas faire de l’homme un héros romantique moralement au dessus de tout soupçon – , tout en étant drôle et bien humain. Il était également très sexuel (et sexy😉 ). C’est ainsi que j’ai interprété Rochester dans le livre. Rochester a de nombreuses facettes dans sa personnalité, et Toby les dépeint toutes, pas seulement le côté «sombre», sur lequel la plupart des Rochester s’est concentré.
  • de Ruth Wilson. Au premier abord, le physique peut être différent de ce que j’avais imaginé : lèvres plutôt charnues, joues légèrement tachetées de rousseur et yeux au regard perçant. Mais sa capacité à insuffler naturellement au personnage ce sens inné du respect de soi et de l’autonomie, tout en réussissant à capturer la vulnérabilité et la solitude du personnage, est étourdissante. Ses imperfections seraient plutôt « techniques »: un trop mature pour dix-huit ans, un peu trop grande pour le qualificatif « petit » des description de Jane, et parfois peut être trop extraordinairement magnifique pour le qualificatif « ordinaire ». Mais avec trop d’attention aux attributs physiques de Jane et aucune adaptation ne convient. La Jane qu’elle campe une Jane est femme d’esprit, jeune et simple, interrogatrice, solide et non névrotique, à laquelle les femmes modernes peuvent en quelque sorte s’identifier. Si j’étais pointilleuse, Ruth apparaît parfois trop à l’aise avec Rochester dans leurs premières conversations. Mais elle n’est pas censée être timide et en même temps elle n’est pas complètement à l’aise car tous deux sont sur la défense; blasés par leur connaissance antérieure d’un monde cruel. Pour moi la Jane la plus proche de l’idée que je m’en étais faite

Cette version est différente du roman. La réduction du temps consacré au premier tiers (Lowood) et au dernier tiers (St John). Le milieu du roman est plutôt développé et quelques scènes du roman sont déplacées à différents moments et lieux du récit sous forme de flash-back. Beaucoup de pages de texte ont été condensées dans un passage de quelques minutes.
Mais, à ma formidable surprise, des scènes supplémentaires ont été créées qui soulignent les natures passionnées de Jane et Rochester (un point thématique implicite mais pas explicité dans le roman), ce qui met en exergue la personnalité volontaire, indépendante et honnête de Jane et la relation émouvante avec Rochester.
Des libertés prises avec le roman et avec l’époque mais pour ce qui est du rendu émotionnel, de la profondeur des personnages, c’est finalement un hommage réussi à ce grand roman qu’est Jane Eyre.
Pour résumer les 4 épisodes de 50 mn

Episode 1

Résumé

Après la mort de son oncle, l’orpheline Jane Eyre, est laissée à la garde de sa tante, l’insensible et cruelle Mme Reed. Après l’un des nombreux mauvais traitements, elle est accusée d’être du mauvais sang et, pour se débarrasser d’elle, est envoyée à 10 ans à l’école de Lowood. Lowood est une institution caritative pour jeunes filles pauvres. La seule amie que Jane se fait Helen, meurt d’une épidémie due aux conditions de l’institut qui par la suite change de dirigeant et rétablit des conditions meilleures. Jane se retrouve seule et se refugie dans le dessin.
À 18 ans, elle obtient un poste de gouvernante d’une jeune fille au château de Thornfield. Jane est accueillie généreusement par la gouvernante, Mme Faifax, et son élève, Adèle, une jeune fille française, laissée à la garde du maître de la maison, Edward Rochester. Elle est informée que le maître de la maison est rarement à la maison. Lors d’une promenade, elle est frôlée de près par un cheval qui jette son cavalier. A son retour à Thornfield, Jane croise le chien et comprend que c’est Rochester qu’elle a rencontré sur la lande. Thornfield a un secret et il semble que Grace Poole, la blanchisseuse a constamment un œil sur Jane. Une nuit perturbée par un rire étrange, Jane suit les bruits qui la mènent à la chambre de Rochester. Là, elle retrouve ses rideaux de lit en flammes, et lui en grave danger.

Avis

  • Ma critique essentielle est l’évacuation de l’enfance de Jane. Dommage, car cette partie du roman n’est jamais vraiment bien exploitée et mériterait un traitement plus approfondi. C’est ce pensionnat et l’amitié avec Helen ainsi que sa relation à Miss Temple qui font comprendre la Jane Eyre adulte. Même si des scènes comme les blocs de glace cassés pour se laver le matin ou sa conversation avec Helen avec les différents conseils et valeurs qu’Helen apporte à Jane, sont excellentes
  • Jane fait face à Rochester avec l’appréhension de la jeunesse mais la fermeté de sa bonne conscience. J’ai beaucoup aimé la scène au bord de l’eau où Rochester explique pourquoi il a prise Adèle sous sa protection. Il parle sans fard, et quand il demande à Jane « Ai-je fait ce qu’il fallait ? » celle-ci met de côté toute pruderie ou bigoterie pour l’approuver. Leur relation prend là ses racines, dans un échange sincère, et aussi parce que Jane ose lui reprocher son attitude envers Adèle : « c’est une enfant, vous ne devez ni la ridiculiser ni la mépriser. »
  • L’arrivée de Rochester est très réussie. Le galop du cheval contraste avec le calme de la marche de Jane, tout comme la musique. Le premier regard qu’il lui lance est … ! Ca fait genre « Une seconde avant l’impact ». Allez regardez la

    Et leur premier contact est très physique puisqu’il s’appuie sur son épaule, et ce coté sensuel prédominera tous les épisodes. Scène mythique traitée à la perfection

    Jane aide Rochester
    Rochester rentre au chateau

    mais celle ci me ferait plus craquer, No !

    Edouard Rochester
  • Lors de leur première conversation à Thornfield, il est très agressif mais elle ne se démonte pas. La conversation dans la bibliothèque est remarquable : il lui manque du divertissement pour sortir de ses idées noires mais Jane n’a rien à raconter, et pourtant on sent qu’il se passe quelque chose, et qu’il est à l’aise avec elle puisqu’il se confie.
    Sombre et agressif par nature ? Monsieur Rochester
    Moqueur
    Dubitatif
    Mais toujours attentif aux réponses,
    quand Jane au piano
    ou quand il examine les dessins de Jane.
    Mais il devient furieux quand Adèle vient se pavaner (image de sa mère française)

    avant de redevenir pensif et tourmenté par on ne sait quelles pensées une fois seul !
  • La scène ou il raconte ses amours avec la mère d’Adèle – le flash-back qui est d’ailleurs unique parmi les adaptations est une excellente idée –
    Un Rochester sensuel
    avant de se sentir odieusement trompé
    par une Cécile Varins aux yeux de qui seules ses 20000 livres le rendent présentable !

    Et pour comprendre ses confidences poignantes de la douleur de cet homme torturé par son passé : son expression « GOD NO ! » à la question l’aimez vous encore a une telle intonation en voulant dire quelle idée saugrenue mais surtout un regard triste et perdu qui suffit. Des expressions du visage et des yeux pour traduire les facettes du caractère de Rochester sont la performance de l’acteur

    Ce sont ses aveux mais n’est-ce pas aussi son sourire carnassier et l’inclinaison irrésistible de son visage dans le clair obscur qui font son charme

    ou un sourire paisible dans le moment ou il oublie tout en montrant une libellule à sa confidente ?

  • J’ai trouvé très drôles certains échanges comme « me trouvez vous beau » « non » qui se poursuit en « vous ne trouveriez pas tout de suite plus séduisant, par hasard, sachant que j’ai un revenu de 20 000 livres ? » « non« .
    Rochester surpris de ce qu’il decouvre
    une Jane attentive
    parfois souriante !
    Mais Rochester est encore plus intensement surpris

    par des réflexions hors normes et même amusantes : » non (vous n’êtes pas beau) »

Épisode 2

Résumé

Après que Jane ait réussi à sauver Rochester juste à temps, elle se demande qui a mis le feu et de qui ces sons étranges de la Tour Nord sont venus. Elle reçoit à peine une réponse de Rochester, qui quitte Thornfield sans préavis le lendemain matin. EQuand il revient finalement au domaine, c’est pour remplir sa maison d’invités parmi lesquels figurent la belle Blanche Ingram et sa mère. Le salon ne bruit que des fiançailles possibles entre le maître des lieux et la blonde Blanche. Jane cache comme elle le peut sa déception. Le passage d’une gitane dans le château donne à Rochester le plaisir pervers de découvrir les intentions de chacun de ses invités. Jane ne tombe pas le piège. L’arrivée d’un ami de Rochester, connu outre-mer, inattendu et pas tout à fait bienvenu, Mason, entraîne un drame une nuit ou il est gravement blessé. Rochester demande l’aide de Jane et la laisse seule au chevet de Mason pendant qu’il va chercher un médecin. Elle entend une fois de plus les sons étranges de la tour Nord qui avaient précédé l’incident. Tout en soignant Mason, elle est effrayée par des bruits de l’autre côté de la porte. Peu après un visiteur vient chercher Jane pour l’emmener auprès de sa tante mourante.

Avis

Scènes frappantes :

  • Le feu qu’ils combattent ensemble puis vient le geste classique ou il l’enveloppe dans un vêtement car elle a froid : une symbolique forte de protection pour lui et d’acceptation de celle-ci par elle, sans bienséance sociale mais et avec des actes venus du cœur. Cependant Rochester est séducteur et manipulateur. Jane l’a intrigué puis intéressé car différente de ce qu’il a connu. Il sait, lui, qu’il y a un énorme obstacle entre eux, alors il est tenté de rendre cette jeune fille sensible à sa personne ! C’est si humain ! Avec son expérience des femmes, sa connaissance des moyens de séduction, mais il y a de la spontanéité dans ses gestes car il a un peu profité de la situation mais sans faire quelque chose qui aurait pu embarrasser Jane et risquer de rompre le lien créé entre eux. Ce qui me pousse à dire que Toby Stephen joue très bien.
    Rochester dort dans le lit en feu
    Il avance doucement puis tend la main
    avant de la couvrir et de l’attirer contre lui.

  • une première scène au salon ou on ressent la blessure profonde qu’inflige à Jane les propos tenus pas Lady Ingram sur les gouvernantes
    Le visage de Jane blessée
    par les propos des lady ingram
    Rochester attentif

    a vu les larmes de Jane bouleversée
  • La scène au salon, ou Jane parle des enfants qui, « qu’ils aient du bon ou du mauvais sang, méritent d’aimer et d’être aimés » et toute son âme meurtrie par son enfance apparaît là, qui veut donner ce qu’elle n’a pas eu et sans amertume. Lorsque Jane défend ses idées face à Lady Ingram, c’est l’aspect si moderne du personnage qui ose prendre la parole face à une «supérieure». L’actrice y met la modestie teintée de force intérieure qui est le propre de Jane
    Ashton lance la discussion sur la nature des enfants
    Face à l’obcurantisme de lady ingram
    Jane fait preuve d’un esprit ouvert et humaniste

    dans une conversation écoutée attentivement par Rochester
  • La scène de la bohémienne dans laquelle il dit « comment sans cela saurais-je ce que vous pensez ?  » qui donne un autre éclairage à cette farce étrange. Presque plus réaliste que le livre grâce à cette idée de ne pas faire de Rochester une bohémienne mais d’en avoir engager une
  • Le dialogue à double sens « Que feriez-vous pour moi ? » « Tout ce que vous me demanderez » « Même une mauvaise chose ? (silence)… « Non je sais que vous ne le feriez pas » : la encore plus que les mots ce sont les expressions du visage qui portent toute l’émotion de Rochester, en particulier dans l’aveu « I wish I were on a desert island with only you for company » qu’il accompagne d’un regard hésitant presque timide, presque suppliant : là Toby Stephens démontre son grand talent d’acteur.
    la bohémienne
    engagée par Rochester
    Rochester sait il maintenant ce que Jane pense, en tout cas il a pris du plaisir
    mais il va vite perdre le sourire

    en apprenant l’arrivée de Mason
  • Les meilleures scènes sont presque toujours celles entre Jane et Rochester, tant les acteurs sont habiles à créer la chimie entre eux qu’elle que soit le type de scène et à faire ressentir de l’empathie pour les personnages.
    dans l’urgence quand Rochester mene Jane jusqu’à la tour nord pour qu’elle l’aide

    ou dans la légèreté comme lors de la discussion sur les salaires de Jane,
  • La scène où elle lui demande l’autorisation de partir, et qu’il ne veut pas « Je ne vous donnerai pas 15 livres, vous seriez partie 3 mois , je vous donne 10 livres »  » vous m’en devez 5″ « vous reviendrez les chercher ». C’est à la fois très drôle grâce aux regards, aux sourires, aux gestes, .. qui traduisent la complicité mais aussi l’inquiétude de Rochester : scène très belle car les acteurs rendent la véracité de la situation – il ne joue plus avec elle.
    Combien avec vous en tout – 5 shillings
    Voici 50 £
    L’étiquette, Jane. Comment dit on au revoir ?
    et pour lui dire au revoir, Rochester lui tend la main

    et lui demande de rester « Don’t go, Jane »

(4 Octobre 2012) A revisionner les épisodes de cette série, mon attention a été attirée par la dernière image de l’épisode ou l’on voit depuis une fenêtre inconnue les deux routes se séparer, l’une avec le carosse ou est Jane et l’autre avec les 2 cavaliers dont Rochester

Épisode 3

Résumé

Sur son lit de mort, madame Reed révèle à Jane l’existence d’un oncle bienveillant. Jane, toute en bonté, pardonne à sa tante d’avoir gardé pour elle cette information cruciale pendant tant d’années, et même, par vengeance, de lui avoir écrit que Jane était morte. Loin de Thornfield, Jane se rend compte que Thornfield est devenue une maison pour elle, quelque chose qu’elle n’avait jamais eu auparavant. Cependant, les rumeurs d’un mariage prochain entre Blanche Ingram et M. Rochester semblent immensément la déranger. Va-t-elle devoir quitter sa bien-aimée Thornfield ? Taquinée par Rochester dans une tentative pour se renseigner sur les vraies émotions de Jane, celle ci ne peut pas garder plus longtemps pour elle ses sentiments sur son amour non seulement Thornfield, mais aussi Rochester. C’est alors qu’à sa grande surprise, Rochester la demande en mariage. Deux jours avant le mariage, le voile de mariée de Jane est déchiré alors que l’ombre d’une femme dans sa chambre la nuit précédente est, selon Rochester, une partie de son rêve. Le jour du mariage cependant, Jane apprend finalement que la femme de Rochester, Bertha, vit dans la tour nord, atteinte de folie comme une partie du reste de sa famille. Cette révélation de Mason, qui s’avère être le frère de Berthe. Rochester insiste sur le fait qu’il aime toujours Jane et propose de vivre avec elle « comme frère et sœur», mais Jane quitte Thornfield dans la nuit.

Avis

Scènes frappantes :

  • Jane apprend que sa tante l’a trompée et pour tant elle lui pardonne : l’actrice rend bien ce coté de profonde croyante sans « fanatisme » qui est le propre du caractère de Jane
    Pendant que Rochester attend
    Jane retrouve les cruels souvenirs de son enfance

    et apprend l’existence d’un oncle, tue par vengeance, par Mme Reed qui meurt
  • le retour de Jane : d’une part l’aveu de Jane que Thornfield est SA maison amorce la tirade de la demande en mariage : « Merci, monsieur Rochester, merci de votre grande bonté ; je suis bien heureuse d’être revenue près de vous, et où vous êtes, là est ma demeure, ma seule demeure ! ». Et le visage des 2 acteurs rend l’émotion qu’on lit dans le livre pour Jane mais pas pour Rochester ; c’est en cela que j’ai trouvé que le film allait au bout d’un sentiment. Et ces expressions de visage ! Quant à l’introduction de la scène ou Eshton explique le cas de 2 jumeaux et leur capacité a communiquer télépathiquement, elle aide à rendre plausible l’appel de la fin du roman .
    Jane revient à Thornfield
    avec plaisir
    et même si Rochester la bouscule
    elle lui dit considérer Thornfield comme sa maison puisque là où il est c’est sa vraie maison

    ce qui laisse Rochester sans voix, avec un regard à la fois perdu et fasciné
  • Après le départ de ses invités, y compris de Blanche Ingram, la tension est palpable par le jeu alternatif de l’espoir et du désespoir de Jane : la discussion sur le livre d’évasion plutôt paisible, l’allusion cruelle au prochain mariage et à l’Irlande pour un futur poste qui s’apaise ensuite par un recul à une date imprécise et l’observation d’une libellule.
    la sérénité avec le livre d’évasion
    Puis la douleur avec l’évocation de l’Irlande et du mariage

    et l’apaisement avec l’observation d’une libellule
  • La tension est très forte aussi dans la scène ou il décrit les Caraïbes à la demande d’Adèle : le visage de l’acteur passe par les multiples facettes des sentiments : de la mélancolie au rappel du passé puis à un brusque accès de rage pour finir sur une expression d’une tristesse immense
    Rochester revoit le passé
    en évoquant un lieu de rencontre idyllique
    où les femmes sont belles, envoutantes ;;;; et dangereuses
    puis il explose de colère quand la chanson le ramène dans le présent
    contre Adèle qui ne comprend pas

    avant le « Tout n’est pas aussi superbe dans les Caraibes. Je suis revenu pour y échapper » plein de tristesse désespérée
  • La scène de la demande en mariage est extraordinaire
    • Le mélange entre les dialogues tirés du livre et les répliques modernes du film est particulièrement réussi.
    • Les ruptures de rythme tiennent en haleine tout le long de la scène. D’abord un dialogue calme et mélancolique sur fond de chants d’oiseaux avec un Rochester quelque peu rêveur qui semble avancer un peu au hasard. De plus il apparaît comme moins manipulateur que dans le livre car ce n’est pas lui qui évoque l’Irlande. Puis un long silence jusqu’au moment où Rochester dit : « But you’ll forget me, after a while ». Et à partir de là tout s’emballe.
    • il est effrayé de ce qu’il va faire, et qu’il veut être sûr et certain des sentiments de Jane, de leur profondeur, car c’est seulement une fois persuadé qu’elle l’aime de toute son âme qu’il va se jeter à l’eau et lui demander de l’épouser.
    • Mia Wasikowska dans la version 2011 donne tout un spectacle sobre et stoïque, ce qui ne me semble pas en accord avec l’intention du livre (mais il faudra que je regarde toute la scène). Par contre Ruth Wilson, dont on a pu dire qu’elle était mélodramatique, qu’elle en faisait trop et même qu’elle était hystérique, me paraît avoir interprété cette scène beaucoup plus parfaitement, avec la douleur de ceux qui souffrent d’aimer sans retour et qui explosent. Dans le livre, Edward jase sur l’Irlande, la séparation, et la chaîne qui les unit. Et lui demande d’écouter le rossignol chanter. « En écoutant, je sanglotais convulsivement, car je ne pouvais réprimer mes sentiments ; je fus obligée de céder, et j’éprouvais dans tout mon être une souffrance aiguë. Lorsque je parlai, ce ne fut que pour exprimer un désir impétueux de n’être jamais née, ou de n’être jamais venue à Thornfield. «Etes vous fachée de le quitter? » La souffrance et et l’amour avaient excité en moi une violente émotion, qui s’efforcait de devenir maîtresse absolue, de dominer, de règner et de parler. «Je pleure de quitter Thornfield : J’aime Thornfield: – Je l’aime, parce pendant quelques temps j’y ai vécu d’une une vie pleine et délicieuse, je n’ai pas été foulée aux pieds et humiliée, je n’ai pas été ensevelie avec les esprits inférieurs ; on ne m’a pas éloignée de ce qui est beau, fort et élevé ; J’ai vécu face à face avec ce que je révère, avec ce qui me réjouit ; j’ai causé avec un esprit original, vigoureux et étendu ; je vous ai connu, M. Rochester;. Je suis frappée de terreur et d’angoisse en pensant qu’il faut m’éloigner de vous pour toujours ; je vois la nécessité de départ, et c’est comme si je me voyais forcée de mourir. ». Nous avons donc une Jane qui, après avoir été conduite à bord du désespoir, donne libre cours à toute son émotion. Et c’est ce que Ruth offre de façon étonnante. Jane est passionnée, avec un besoin ardent de l’amour et de la compagnie des humains. Même si elle veut la liberté et l’indépendance, il est parfaitement naturel que Jane perde le contrôle comme il pense la renvoyer et en épouser une autre. Et la perte de contrôle n’est une faiblesse chez quelqu’un d’aussi fort et indépendant car ne ne rend pas faible ce qui fait juste humain ! Il est possible que cette scène rende certaines personnes mal à l’aise à cause non pas de l’explosion de Ruth Wilson mais du coté inesthétique de la passion – larmes et nez qui coule-. Mais sommes-nous beaux quand nous crions de douleur ?
    • Lui va enfreindre une loi fondamentale, y entraîner Jane, et doit être convaincu qu’elle préfèrerait n’importe quoi que de le quitter. Le regard de Toby Stephen le rend parfaitement ainsi que le ton de sa phrase quand il la tient dans ses bras « que Dieu me pardonne ».
    • et le petit plus que j’ai apprécié, c’est d’avoir à la fin la pluie, l’orage et la foudre qui frappe le grand arbre : conservé par rapport au livre et d’un bel effet visuel
    • Et voici la scène de la demande en mariage que l’on peut comparer à celles des autres adaptations

      Mais je n’ai pas résister en plus à ces deux photos

      où Jane commence à y croire et accepte

      dans les bras d’un Rochester qui espère enfin atteindre le bonheur
  • On se prend à respirer un peu grâce à la légèreté de la période qui précède le mariage, d’ailleurs peu ou pas traitée dans les autres adaptations. Ce qui est particulièrement bien montré dans les courses que font Jane et Rochester : elle lui fait changer la calèche qu’elle trouve ridicule et elle lui impose Adèle -uniquement dans la version anglaise-, elle place l’enfant entre eux deux pour qu’il se tienne sage, … le tout dans les rires. C’est comme un soulagement, une pause pour ….. Mais il y a un coté émouvant quand c’est Adèle qui lui conseille le collier de perles pour Jane – uniquement dans la version anglaise -, preuve qu’il ne connaît pas encore totalement la jeune fille ou qu’il « retombe » dans ses préjugés sur la gente féminine.
    Le changement de calèche
    Adèle entre eux deux dans la calèche

    Le choix du collier par Adèle
  • Le mariage
    • La tension commence 2 nuits avant quand quelqu’un s’introduit et déchire le voile
      Quelqu’un s’introduit dans la chambre de Jane

      et déchire le précieux voile de mariée offert par Rochester
    • Puis se poursuit le matin du mariage par l’impatience de Rochester :
      L’impatience de Rochester
      contrebalancée par la sérénité de Jane

      Rochester ne pense qu’à lui dire son impatience « Vous voila enfin » et Ruth Wilson joue tout en nuance la petite déception de Jane. Alors seulement l’admiration apparaît dans le regard de Rocher pour cette femme qu’il aime rayonnante dans sa robe de mariée et sa réplique sur le voile est pleine de symbole « Quel idiot j’étais de croire que l’autre voile vous irait mieux que celui la » : le regard de Toby Stephens traduit l’amour mais aussi la détresse due à la culpabilité qu’il ressent de faire du mal à la seule personne pour qui il compte vraiment et qui compte vraiment pour lui… Tout cela juste dans un seul regard !

      Extaordinaire mobilité des traits de Toby Stephens passant d’un Rochester torturé
      à un Rochester exprimant tout à la fois amour et détresse

      Toby Stephens nous donne ensuite le Rochester le plus énergique qui soit pour nous faire partager sa hâte d’en finir au plus vite, car plus le temps passe plus grand est le risque de la découverte, en tirant Jane vers l’église

      Ils sont à la course du manoir

      jusqu’à l’église !
  • La scène dans la chapelle où Toby Stephens propulse Rochester vers la fin de son espoir de bonheur
    Rochester lutte quand l’homme de loi annonce l’existence de sa femme
    allant jusqu’à la colère contre Mason qui affirme l’existence de sa soeur à Thornfield « What have you to say« 
    puis le désespoir et l’abattement l’envahissent « Tout est fini. Il n’y aura pas de mariage aujourd’hui« 

    Bien qu’on ne voit que les trois quarts de son visage, Toby Stephens parvient à rendre cette agitation intérieure avec quelques subtiles mouvements du visage. Il est magnifique dans plusieurs scènes où il nous donne en quelques secondes le dégoût, la colère, le regret, la tristesse et le désespoir.

    et son visage traduit aussi son immense détresse face à Jane
  • La scène ou est dévoilée son épouse secrète, cachée dans le grenier, est à couper le souffle (mais sur ce coup la j’hésite avec celle de 1983). Je la trouve d’ailleurs presque trop belle ( dans le roman, elle est décrite comme une bête monstrueuse, se traînant par terre, les cheveux hirsutes et le visage bouffi) mais cela permet de comprendre pourquoi Rochester a pu tomber dans le piège et se sent obligé de prendre soin d’elle malgré tout.
    On ressent ses tourments quand il entraîne à sa suite la noce
    Pour leur présenter Berthe Mason
    pour que tous ceux qui ignoraient son existence
    découvrent la folle qu’elle devient en particulier quand elle découvre Jane derrière Rochester
    puis c’est l’explication face à Jane
    et près d’un Mason tête baissée sous la honte
    qui était complice
    du piège tendu par les 2 familles
    qui a conduit Rochester à épouser Bertha en lui laissant ignorer qu’elle était folle
    Jane est anéantie

    et le désespoir de Rochester est amplifié de celui de Jane
  • et sa suite : Jane foudroyée, muette, et cet instant déchirant où elle ôte sa tenue de mariée pour remettre son ancienne de préceptrice, le tout sous les supplications de Rochester. Dans ce simple geste où elle replace sa boucle de cheveux, Ruth Wilson démontre qu’elle efface l’ultime trace du mariage qui ne sera pas. Cette fois ce n’est pas le visage mais ce sont les gestes de l’actrice qui font passer tous les sentiments de terrassement, de fin de l’espoir et du bonheur, …
    Jane ote sa robe de mariée
    et revet la robe de perceptrice

    tandis que de l’autre coté de la porte Rochester supplie pour la revoir

Épisode 4

Résumé

Jane, le coeur brise, sans le sou et sans aucun espoir, erre sur la lande glacée et, épuisée, elle se couche pour mourir. Elle est sauvé par le pasteur St John Rivers qui la rapporte à la maison de ses deux sœurs. Mais Jane semble avoir perdu ses souvenirs.
Jane accepte le poste d’institutrice que lui offre St John. Puis Jane apprend par St John Rivers qu’il sait tout de son passé, y compris Thornfield, et il l’informe qu’elle a hérité de l’argent de son oncle et qu’ils sont également cousins.
Jane ne peut pas saccepter la proposition de mariage par John Rivers St et la perspective de vivre à l’étranger en tant que missionnaires. Puis elle entend la voix de Rochester appelant son nom : Jane sait immédiatement qu’elle appartient à Thornfield et Rochester. Elle découvre Thornfield brûlé et apprend les circonstances de l’incendie, de la mort de Berthe et de la cécité de Rochester, blessé en tentant de secourir sa femme. Jane rejoint Rochester à son cottage et Rochester reconnaît Jane en entendant sa voix. Il lui dit qu’il ne peut envisager de vivre avec elle en « frère et sœur » mais qu’il veut une femme dans son lit. Ils se marient. Toute la famille – Rochester, Jane, Adèle, les sœurs de St John et leurs époux, les deux enfants de Rochester et Jane, les serviteurs fideles et le chien Pilote, se rassemblent dans le jardin pour avoir leur portrait. Parce que Saint John est en mission, il est peint sur le côté du portrait.

Avis

  • Le Saint-John de cette version est mon préféré car il ressemble un être humain. Il n’est pas froid, bien au contraire : « He has a heart; I’ve seen it overflowing with passion…he just keeps it buried in stone with a tenacious willpower » (Il a un cœur; je l’ai vu débordant de passion … il ne cesse de l’enterrer avec une volonté tenace). Et lorsque Saint Jean se trouve en présence de Rosamund Oliver ou en parle, l’acteur fait passer cette passion et la preuve qu’il est capable de beaucoup de chaleur mais pour revenir aussitôt à l’homme d’église pieux et inflexible : je hais le personnage😉 et j’apprécie l’excellente performance d’acteur. Je l’apprécie particulièrement dans « la conversation est agréable, vous pouvez continuer pendant un autre quart d’heure« , puis il pose sa montre.
    St John Rivers au visage torturé par la passion
    et brulant dans l’aveu de son amour pour Miss Oliver
    mais St John au coeur froid et à la volonté brutale tendu vers son but de missionnaire

    Le personnage complexe est bien cerné quoique plus agréable que dans le livre. Il représente l’anti-Rochester dans le sens ou Edward va dans l’excès et brûle toutes les règles de la morale, prêt à entrainer Jane dans le péché de bigamie, alors que Saint-John lutte de toutes ses forces contre l’amour qui le ronge. Excellent acteur dont le seul visage rend les émotions comme la surprise devant les réactions de Jane pour son héritage – rien ou presque pour 20 000 £ mais sa tristesse par le fait qu’elle ne pourra plus jamais voir son oncle qui est mort et sa joie démesurée en se découvrant des cousins.

    Le bonheur de Jane apprenant que les Rivers sont ses cousins
    et son élan dans les bras de St John qui a même du mal à savoir quoi faire de ses mains

    Excellentes ces hésitations de l’acteur qui marquent bien la différence des 2 caractères ! Différence que l’on comprend aussi grande entre eux deux qu’entre St John et Rochester car ils ne voient pas le mariage de la même façon : Jane ne peut se marier sans aimer tandis que pour St John s’aimer n’a rien à voir. A nouveau le visage de l’acteur traduit très bien cette attitude

    « Cette affaire n’a rien a voir avec l’amour »
  • Les images sur la lande sont magnifiques par le paysage, la couleur et leur signification : très fortes, une esthétique magnifique, qui souligne l’atmosphère et soutient le drame.
    Jane endormie sur un rocher, sans le sou, seule et buvant dans une flaque. Ruth Wilson magnifie cette Jane échevelée et sans ressources

    La lande est aussi merveilleusement utilisée qui reflète en Jane le sentiment de vide, vaste et apparemment sans fin
  • J’aime le flash-back avec la scène de la chambre qui nous fait découvrir ce qui s’est passé entretemps, au fur et à mesure que Jane, récupérant ses forces, se rappelle de tout. Déchirant quand avec le souvenir revient la douleur avec cette scène magnifique ou Rochester veut la convaincre « nous serons frère et sœur » Rochester tient tellement à Jane qu’il est prêt à vivre chastement avec elle.

    Difficile d’imaginer Rochester autrement que sensuel – petit commentaire concernant le coté rauqe de la voix que l’on perd dans l’adaptation française -, et en même temps, il se dégage de son attitude douloureuse un énorme respect. Ce tête à tête marque par le talent des acteurs. Dire que les scénariste ou réalisateur ont fait preuve d’un mépris total pour l’étiquette et les conventions de l’époque du – milieu du 19ème siècle avec son sens des convenances, la bienséance, la décence et la modestie-, et que Rochester et Jane n’ont aucune ressemblance avec les personnages du livre à cause de l’attraction sexuelle qui est un écart manifeste par rapport au roman qui dépeint un amour né de l’affinité de caractère et d’esprit me paraît faux.

    • D’une part c’est penser que les gens du 19ème siècle n’ont pas de rapports sexuels sous prétexte qu’on n’écrit pas sur ce sujet. Et je ne pense pas qu’ils étaient si différents de nous !
    • De plus la scène de de séparation entre Jane et Rochester après le mariage avorté était si douce et passionnée. J’ai pensé que c’était si naturel, parce qu’ils se voulaient l’un l’autre et ne pouvait pas être ensemble. Son désespoir était si douloureux et il n’y avait rien sale en elle. Et comme elle ne changerait pas dans son idée de le quitter, il lui a fait effleurer avec passion ce qu’elle n’a jamais goûté auparavant pour la convaincre.
    • Ils ont trouvé un langage visuel pour montrer que les sentiments de Jane pour Rochester ne sont pas seulement l’amitié ou de la reconnaissance d’une pauvre fille pour la bonté d’un homme riche. Ce n’est pas la gratitude au début et ce n’est pas la pitié à la fin. Même dans le livre cette scène de séduction existe. La scène de la chambre est pleine de cette ambiance chaleureuse et séduisante avec la pression qu’exerce Rochester et Jane dans un rôle plutôt passif, se sentant tentée et qui lutte pour résister. Le seul bémol est qu’on ne sente pas suffisamment la résistance de Jane par rapport au livre. Et encore ! Le fait qu’elle ne cesse de vouloir le quitter malgré ces baisers qui les font vibrer à l’unisson et même malgré la promesse d’une possible vie comme frère et sœur, et qu’elle parte, prouve sa résistance.
    • Et j’irai même plus loin en disant que ce serait une incompréhension totale du texte original que de croire cette scène « déplacée ». Une grande partie du roman a tout à voir avec les natures passionnées et dans un langage provocateur. C’est là, dans Jane depuis le début comme le passage après la dispute avec Mme Reed avant qu’elle aille à Lowood. Une jeune fille, je dirais, incapable d’une relation platonique fondée sur des affinités spirituelles. D’autre part, le caractère de M. Rochester. Charlotte Brontë a écrit un personnage qui avait des amours torrides tout le temps qu’il reste « célibataire ». C’est non seulement créer un personnage très osé pour l’époque mais aussi un caractère non régi par les rigueurs de sa société. Avec Jane, il est confronté à la plus grande revanche de sa vie : Il a chassé ce qui est beau mais n’a trouvé que la douleur, c’est dans cette fille simple et sans artifices qu’il trouve l’amour et l’unité dont il a toujours eu envie. Il ne se soucie manifestement pas des conventions : ce message s’affiche encore et encore. Il n’a pas mentionné une seule fois que Jane était seulement une gouvernante. En fait, il ne semble pas même remarquer la grande disparité dans leur situation. C’est un exemple très frappant du fait qu’il joue avec des règles qui sont les siennes. Deuxièmement, c’est un homme d’une grande passion : très émotif, très dynamique, et apte à aller après ce qu’il veut sans se soucier de rien. Ce qu’il a fait avec Jane. Ces indices me portent à croire que, même si les scènes intimes ne sont pas représentés dans le livre, il est tout à fait raisonnable de penser que le vrai M. Rochester a embrassé. Alors … les scènes torrides … le fait qu’elles peuvent avoir existé à un moment donné n’est pas farfelu. L’étirement du récit pour livrer, dans la chambre, un vrai sens de chacun est, selon moi, l’une des plus grandes réussites de la série.
    • En outre, même si j’avais des objections à cette scène (et que je n’en ai pas), je trouve qu’il est difficile de ne pas l’aimer parce qu’il est très sensuel et c’est un plaisir à regarder😉
      Et voilà quelques photos :

      Le souvenir de la séparation dans la chambre rouge
      rappelle tant de bonheur perdu que la douleur l’interrompt
      et Jane, une fois apaisée, se souvient
      quand Rochester lui parle de la villa méditerrannéenne
      et lui propose d’y vivre en frere et soeur

      Voix, visages et postures rendent cette partie de la scène très efficace, Rochester tenant tendrement Jane et chuchotant à son oreille sa plaidoirie.

  • En admirant une très belle « photo » du film
    L’envol du hibou blanc suivi de celui de Bertha

    Je reviens sur le personnage. Bertha est folle mais là j’ai du mal à y croire : elle semble beaucoup trop belle et magnifiquement coiffée pour être vraiment folle, le spectacle est trop sobre. C’est un reproche plus destiné à l’adaptation qu’à l’actrice. Ce qui fait que, malgré l’agression sauvage de Bertha sur Jane dans le troisième épisode, la révélation de la folle dans le grenier n’est pas aussi dramatique qu’elle pourrait l’être pour nous convaincre de la folie de Bertha.

    Trop belle Berthe Mason

    ou folle ?
  • Quelle intensité quand elle répond à l’appel télépathique
    La scène est un peu surréaliste, un peu elfique dirait Rochester

    puis les lumières et l’expression du visage de Ruth soutiennent le coté au dela des frontières😉

    Le coeur de Jane

    répond à l’appel télépathique
  • Quelques photos pour le plaisir des expressions de l’actrice
    • Quand elle découvre Thornfield en ruines
      La joie de revoir Thronfield
      s’efface en un instant de ses yeux

      en découvrant les ruines
    • Quand elle retrouve Rochester aveugle
      Son bonheur de revoir Rochester

      et le sourire disparait en prenant conscience de son handicap
  • La scène des retrouvailles est une des scènes les plus puissantes de la série : la force de l’émotion de Rochester induite par Toby Stephens ne peut se décrire que par des superlatifs : l’interrogation quand Jane l’aide à boire et qu’il commence à se rendre compte que la douceur des gestes n’est probablement pas celle de son serviteur quand elle lui essuie doucement les lèvres,
    Le questionnement sur le visage de Rochester par rapport aux gestes
    progresse

    le geste incroyablement rapide quand il attrape le bras de Jane quand elle parle,

    quand Rochester agrippe Jane

    l’angoisse et la douleur sur le visage et la voix qui se brise comme il demande à Jane si elle est vraie, si elle ne va pas s’évanouir au matin

    Le bonheur douloureux de Rochester
    croit sous les baisers
    et les paroles de Jane
    pour exploser
    quand enfin il est sur que ce n’est pas un reve

    l’attitude prostrée … tout dépeint complètement toute l’émotion et la vulnérabilité du personnage.

    Et plus silencieuse mais aussi forte sa douleur sachant le spectacle qu’il offre à Jane

    Cette scène prouve s’il en est besoin que les scènes les plus fortes de cette série sont toujours celles dans lesquels Jane et Rochester interagissent, où les acteurs donnent tout d’eux-mêmes.
    Et les expressions de Jane guettant ses réactions sont à la hauteur

    Jane guette
    avec une joie grandissante
    qui eclate en rire

    La scène est d’autant plus difficile que Toby doit jouer un aveugle, ce qui est fait avec bonheur – sans l’horreur inadaptée de l’oeil collé à la Timothy Dalton en 1983.
    L’émotion sur le visage de Toby Stephens affiche amplement l’agitation intérieure de Rochester, le soulagement pur et la joie d’avoir Jane à nouveau avec lui, le geste de l’acteur sait exprimer dans la manière dont il la serre qu’il ne veut plus la laisser partir.
    En ce qui concerne le scénario, Rochester n’a pas perdu sa main et la brûlure sur son côté gauche a été tournée en dérision par certains comme n’étant pas suffisante par rapport au film. Je pense que la brûlure est suffisante car ainsi brulé il ne convient plus à la société dont fait partie Blanche Ingram qui ne tolère pas un tel défaut. La main qui n’est pas amputée comme dans le livre ne me gène par car en revanche, et de façon très réaliste, il ne récupère pas la vue à la fin.
    Cette scène et celle au bord de l’eau montrent que Jane « a grandi ».
    Elle mène désormais la danse à armes égales si je puis dire : Au coin du feu, quand Jane tente de discipliner la crinière de Rochester avec un peigne, ce nouveau coté tactile souligne que la force de son affection pour Rochester est telle que maintenant elle peut à peine s’empêcher de le toucher ; tout en étant la Jane qu’il connaissait par le coté malicieux et espiègle naturel – vous n’êtes pas beau et vous ne l’avez jamais été –

    J’adore ce rire profond et presque soulagé au « Vous etes laid et l’avez toujours été« 
    On ne vous a pas corrigé de votre malice

    qui est désormais aussi contrôlé – elle va se coucher sans répondre à sa question « n’y avait il que des dames dans la maison ou vous étiez » pour le laisser dans un sentiment de jalousie qui empêchera sa tristesse. (dit dans le livre et très bien retranscrit ici)

    N’y avait t il que des dames dans la maison ou vous etiez

    question à laquelle Jane ne répond que par un sourire qu’il ne peut voir
  • La scène au bord de l’eau est un modèle du genre dans la maîtrise du crescendo des sentiments. Le jeu du chat et de la souris au niveau des sentiments auquel avait joué Rochester pour faire avouer son amour à Jane se retrouve ici inversé : Le paysage et la faune voletant autour d’eux que Jane décrit, toutes les qualités de St John qu’elle énonce, … faisant monter la jalousie et l’angoisse de Rochester.
    En le laissant croire que St John etre peut un mari pour elle
    Jane le pousse à bout

    Avant l’apaisement qui crée comme un palier – on respire un peu avant d’attaquer une nouvelle montée ! – quand elle lui annonce qu’elle ne l’aime pas plus que St John ne l’aime et que sa volonté brutale écrasant tout sentiment a provoqué chez elle le plus grand effroi.

    Quand Jane lui dit qu’elle n’aime pas St John plus qu’il ne l’aime
    Rochester reprend espoir

    Puis la montée repart d’abord pour Jane – le petit arrêt dans sa phrase « la nuit ou je suis partie ….- et les silences et les moues sur le visage de Ruth traduisent le fait qu’elle ne sait pas comment oser dire que l’amitié … – une jeune fille même aussi libre que Jane a quelque difficultés à demander le mariage, non ! Alors au 19eme ! –

    La nuit ou …

    et Rochester est sur la même longueur d’onde qui, se rappelant de sa proposition de la scène de la chambre, ne considère plus le projet de vivre comme frère et sœur comme « aussi séduisant ».

    Ce projet aujourd’hui ne me parait plus aussi seduisant
    Vous ne voulez plus de mon amitié (jeu du chat et et de la souris)

    Le niveau d’angoisse de Rochester est encore très élevé – plus de mot pour décrire l’expressivité du visage de l’acteur ! – malgré l’apaisement d’être sans rival dans le cœur de Jane : il sait qu’il n’est pas un homme tout entier et ne sait pas si Jane peut l’aimer maintenant qu’il est cassé mais de la façon dont il le veut : « une femme pour partager son lit toute la nuit et toute la journée aussi, si possible! ».

    Je veux une femme allongée pres de moi toutes les nuits
    Nous ne sommes pas platonniques
    Le sourire de Jane vaut tous les mots pour dire qu’elle veut la même chose

    Son caractère n’a pas changé et Jane est définitivement à son niveau. Des « détails » symboliques – ou non !- montrent l’achèvement dans l’évolution de Jane : c’est Jane qui s’assoie en travers de ses genoux pour lui dire que désormais « Votre vie n’est plus la votre seulement. Elle m’appartient« .

    Jane sur les genoux de Rochester

    Le rire traduit puissamment ce soulagement final : il est convaincu qu’elle l’aimera totalement. Ce rire rauque et profond retraduit le dialogue du livre sans un mot.

    Le rire profond du bonheur

    Sans m’appesantir sur le coté plus que sensuel de la position, elle est d’autant plus forte qu’elle fait contrepoint à celle de la chambre et qu’elle a si je puis dire une connotation religieuse (inverse à la position du missionnaire seule reconnue et imposée par l’Eglise ou l’homme est le maître).

    Avec une Jane qui est son égale

    J’aime ce qui est suggéré par les positions – 2 êtres humains matures et qui s’aiment mais avec la passion aussi charnelle qu’intellectuelle – quand Rochester descend sa main sur son corps pour la reposer sur ses fesses et que Jane ne proteste pas ;

    et une seule main suffira

    puis quand les bottes se superposent et la à l’action de Rochester répond celle de Jane.

    mais emprisonner avec les pieds c’est plus sur
    n’est-ce pas, Jane !

    C’est ainsi que cette partie qui n’existe ni dans le livre ni dans les autres adaptations me paraît avoir traduit l’esprit de Jane Eyre sur l’évolution d’une jeune fille dans son contexte social qui d’une orpheline seule, rejetée, désabusée et totalement rebelle devient une jeune femme qui sait reconnaître toute la gamme de ses sentiments et devient maîtresse de sa propre maison et du cœur du mari qu’elle a choisi, avec toute sa famille autour d’elle.

  • Il est vrai que j’aime moins le coté illustration comtesse de Ségur du tableau final : c’est un peu mièvre mais ce n’est pas sans rappeler le tableau de la famille Reed dans lequel on interdit à Jane de prendre place

    Le tableau final

20/09/2012 J’aimera revenir sur la fin en comparant livre et adptation 2006 suite à un débat sur la fin du roman :

  • La mutilation de Rochester ne peut pas être considérée comme une punition religieuse comme on a pu le lire si souvent car dès le début du roman, et même si on trouve au fil de la lecture des citations, Jane n’est pas un extremiste fanatique mais privilégie un bon sens et des principes qui font d’elle ce qu’elle est et qu’apprécie Rochester
    Elle le décrit aisni « Vous n’êtes pas une ruine, monsieur ; vous n’êtes pas un arbre frappé par l’orage : vous êtes jeune et vigoureux. Des plantes pousseront autour de vos racines, sans même que vous le demandiez, car elles se réjouiront de votre riche ombrage ; elles s’appuieront sur vous et vous enlaceront, parce que votre force leur sera un soutien sûr.  » et quand elle l’avait retrouvé, elle lui avait proposé de jouer toutes sortes de roles dont garde malade mais en songeant « C’est qu’en faisant ma proposition, j’avais la pensée qu’il désirait et voulait faire de moi sa femme« .
    Donc Jane ne va pas vers une vie de garde-malade non plus à la fin dans le livre mais vers une vie de femme de par sa volonté : « Parlez-vous des amis, Jane ? me demanda-t-il. – « Oui » répondis-je en hésitant. Je pensais à quelque chose de plus, mais je ne savais quel autre mot employer.  » comme par celle de Rochester : « Mais, Jane, me dit-il, j’ai besoin d’une femme. » ou « Il faut que nous devenions une seule chair, et sans tarder. »
    Ce n’est pas un sacrifice : « À me sacrifier ? Qu’est-ce que je sacrifie ? la faim pour la nourriture, l’attente pour la joie. Avoir le droit d’entourer de mes bras celui que j’estime, de presser mes lèvres sur celui que j’aime, de me reposer sur celui en qui j’ai confiance, est-ce lui faire un sacrifice ?  »
    Et ca se retrouve dans ces termes dans la version de 1983 mais c’est encore plus frappant dans celle de 2006 car beaucoup mieux mis en évidence. Rochester est frappé par un accident (somme toute logique : quand on est dans un bâtiment en feu, il est rare d’en sortir sans dommage !) mais ca ne détruit ne son caractère passionné ni sa virilité :

    • scène ou il explique qu’il veut une femme
    • scène très suggestive du baiser qui suit la volonté de Jane de devenir sa femme

    Et même si je n’apprécie pas la fin ultime genre tableau, néanmoins c’est bien dans cette idée et presque plus réaliste que le livre car il ne semble pas avoir retrouvé la vue mais ils ont 2 enfants !

  • Quant au lieu, il n’a rien d’un purgatoire : elle le retrouve semble t il dans le livre, comme dans l’adaptation, dans cet endroit où il ne voulait pas enfermer sa femme, Ferndean, ce qui correspond à son désespoir. Mais, dans le livre, rien ne laisse supposer qu’il y reste d’autant qu’il a un autre domaine « je vous emmènerai dans une de mes propriétés, au sud de la France ; une villa aux blanches murailles, bâtie sur les bords de la Méditerranée« , ce qui est dans la scène de la séparation aussi bien du livre que dans la chambre de 2006, et dans l’adaptation, le tableau idyllique de la fin est sur fond d’une villa qui, si elle n’est pas blanche, n’a rien a voir avec le lieu lugubre ou elle l’avait retrouvé.
    Le lieu lugubre ou elle le retrouve

    La villa en fond de tableau

Et si vous voulez les voir

  • Ma liste sur youtube qui vous permet de voir cette version 2006 en français en 2 épisodes
    Ma liste sur youtube qui vous permet de voir tous les épisodes de cette version 2006 mais en anglais

Lu ailleurs

  • Voici ce que j’ai lu sur un site

« Il ya une quantité scandaleuse de baisers dans cette adaptation (et j’ai aimé), mais ce baiser est particulièrement beau, je pense pour sa grande authenticité. Ce qui m’a frappé le plus, c’est la façon dont le caractère est – vous savez qu’il n’y a aucun principe chez Rochester (il est féroce comme ça), et Jane est toujours complètement honnête et sans faille avec lui. Il semble réel – un mélange grisant de désespoir et de joie et de désir et d’émotion réprimée finalement libérée. »
Et voici la photo qui a illustre cet avis que je partage Oh combien puisque c’est ce coté presque animal qui rend tres reels les personnages de cette version 2006

  • Et voici ce que j’ai lu sur un autre post consacré à une analyse que j’aime beaucoup du roman, à une critique de la version de 2011 (que je ne peux commentée ne l’ayant pas vue) mais je partage l’avis sur celle de 2006
  1. Sur le forum The inn at lambton, j’ai lu un commentaire sur la version 2011 concernant la scène du feu : « elle s’apprête à quitter la pièce, et il l’interpelle lui demandant si elle compte le quitter comme çà et elle lui demande « que dois-je faire » et là c’est une enfant (sa naïveté) et non une femme qu’il lui fait face, normale elle ne s’imagine pas un instant qu’on puisse lui porter de l’affection. » et c’est la remarque conjointe sur celle de 2006 que j’ai trouvée très juste « c’est là que l’autre Jane (serie 2006) me dérange elle a l’air beaucoup plus sur d’elle – Rayonnante – et cela ne reflète alors pas son passé, la personnalité qui devrait en découler. » C’est peut là effectivement que j’aurai le seul vrai reproche mais il m’a fallu revisionner attentivement pour m’en rendre compte tant j’étais prise la ère fois😉

11/09/2012 : je viens de passer ma soirée et ma nuit a revisionner cette version de 2006 mais en anglais : je connais tellement les textes français que même ce qui m’échappait en anglais ne m’a pas gênée.

Les lieux

North Lees Hall dans le livre

North Lees Hall, dans le Derbyshire, semble être la demeure qui à inspiré Charlotte Brontë qui y a fait « deux ou trois visites » quand elle était avec son amie Ellen Nussey à Hathersage. Brontë décrit de nombreuses caractéristiques de North Lees dans le roman comme la façade crénelée, la vue depuis le toit et l’armoire des Apôtres. La légende d’une femme folle à North Lees, réputée pour avoir péri dans un incendie, a peut-être été l’inspiration pour la disparition dramatique de Mme Rochester. Les Eyres, qui étaient une famille locale, résidèrent à North Lees pendant deux générations au cours du 15ème siècle et furent locataires à nouveau de 1750 à 1882

North Lees Hall a été utilisé pour représenter le manoir de Ferndean où se réfugie Edward après l’incendie de Thornfield dans la série de 2006.

Haddon Hall dans 3 adaptations

Le château que l’on voit dans l’adaptation BBC de 2006 est le même dans les films de 1996 et de 2011
Il s’agit de Haddon Hall situé dans la région du Derbyshire dont vous pouvez admirer des photos
Les scènes d’intérieur de Thornfield 2006 étaient toutes très faiblement éclairées à tel point que certaines sont un peu sombre. Ce qui tient au fait que tournées de façon authentique, elles étaient pour une grande part tournées aux chandelles.
Voici quelques photos

Haddon Hall

 

Haddon Hall vu par Jane

 

Haddon Hall Tour

 

Haddon Hall Tour par Jane

7 réflexions sur “ Jane Eyre ”

  1. Magnifique commentaire….Je suis entièrement d’accord avec votre annalyse…Perso j’ai 6 versions de Jane Eyre (quand on aime on ne compte pas)🙂 et j’en cherche encore !!! La version avec Samantha Morton et Ciaran Hinds est assez juste aussi. Mais Toby Stephens est un acteur merveilleux et il campe un Rochester torturé et séduisant à la fois ! Et vous savez quoi ? Je vais le regarder pour la énième fois !!!!!

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